Maike Aden

Les applications technologiques que l’on appelle intelligence artificielle, occupent aujourd’hui une place croissante dans la vie quotidienne et suscitent de nombreux débats, auxquels le champ artistique participe activement. Diverses pratiques artistiques mobilisant ces technologies ont émergé, donnant lieu à des œuvres, des expositions et à une réflexion critique soutenue.
Cette communication analyse des œuvres recourant directement aux modèles génératifs, capables de produire des contenus à partir de données d’entraînement et de probabilités statistiques. Certains critiques y voient une délégation du geste créatif à l’algorithme, l’acte artistique se rapprochant alors de la formulation d’une requête plutôt que d’un processus de production.

Contrairement à ceux qui, pour ces raisons, y perçoivent une rupture majeure dans l’histoire de l’art, il s’agira de montrer, à l’aide d’exemples, que ces pratiques s’inscrivent dans une continuité historique. Depuis le début du XXe siècle, notamment avec le dadaïsme, puis dans des démarches telles que le cut-up ou le mashup, les artistes ont mis à distance la figure du sujet créateur, réemployé des matériaux préexistants et interrogé les oppositions entre original et copie, production et reproduction. Dans cette perspective, les technologiques génératives apparaît moins comme une rupture que comme l’extension de logiques déjà à l’œuvre dans l’histoire des pratiques artistiques.

Maike Oden

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